ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE

par Jean-Pierre DELAPERRELLE
selon ses articles du quotidien Le Maine Libre
Recopie intégrale.



- Index des patronymes étudiés en 2009-

BEDEAU - BELISSON - BESSIERE - BOURDEILLE - BROCHARD - BROSSE - CHARRETIER - CHEVÉ - CIMIER - CORBIN - CORMIER - COURTOIS - CRUCHET - DELAROCHE - FAISANT - FOUCAULT - GAVEN - GAIGNARD - GILLET - GIORDANO - GUITTON - HEITZ - LALOUE - LEBOUCHER - LEPROUST - JAGUENEAU - JAHIER - LEQUESNE - MASSICOT - NAIL - PLANCHAIS - RANGEARD - RECOTILLON - RENOU - ROUAULT - SORIN - TAQUENET - VAUCHER - - - -




Edition ... novembre 2009

BEDEAU
Bedeau découle de "bidal" signifiant, au départ, messager de justice. Le terme de bedeau d’église apparaît en 1680. Des familles Bedeau à Sougé-le-Ganelon (1706), Saint-Paul-le-Gaultier (1790), Le Mans (1660), Ségrie (1644), Fresnay-sur-Sarthe (1641) en Sarthe.

BELISSON
Belisson a été attribué à celui qui était originaire du lieu nommé "Belis". Des Belisson à Champteussé-sur-Baconne (1795), Blou (1693), Villevêque vers 1600, Daumeray (1716) en Maine-et-Loire, Précigné-sur-Sarthe (1690) dans la Sarthe. En 1931, l’un des boulangers de Durtal se nommait Belisson. Il faut compter une centaine de Belisson de nos jours, placés après le 90.000e rang.

BOURDEILLE
Bourdeille est un des surnoms d’un habitant de Bordeaux. Des souches Bourdeil à Saint-Germain-des-Prés (1761) en Maine-et-Loire. Les recherches n’ont rien donné pour la présence de Bourdeille dans nos régions.

CHARRETIER
Charretier est le nom de métier attribué au conducteur d’une charrette. Des Charretier au Louroux-Béconnais (1733) en Maine-et-Loire, Champagné (1783) dans la Sarthe. Autant les Charretier sont peu nombreux autant les Chartier, son équivalent, le sont. Des souches Chartier à Parigné-l’Évêque (1664), Mézeray (1755), Rouez-en-Champagne (1697), Tuffé (1790) en Sarthe, Saint-Ellier-les-Bois (1603) dans l’Orne.

CIMIER
Le cimier est l’ornement, comportant souvent des plumes, installé sur le haut d’un casque. Des Simier à Mareil-en- Champagne (1748), Noyen-sur-Sarthe (1690), Neuville-sur-Sarthe (1691) dans la Sarthe, Pruillé (1757), Angers (1727) en Maine-et-Loire.

COURTOIS
Individu d’une grande politesse. Des lignées Courtois à Sainte-Croix-lès-Le Mans (1638), Parigné-l’Évêque vers 1700, Greez-sur-Roc (1790), Noyen-sur-Sarthe (1631) en Sarthe, Avesnières (1695), Izé (1688) en Mayenne, La Jumellière 1706) en Maine-et-Loire. Le forgeron Courtois résidait rue des Pruniers, à Angers, en 1931. Aujourd’hui, aux alentours de 15.000 Courtois vers la 250e place.

FAISANT
Il vient du latin "phasianus" qui désignait l’éleveur de faisans. Les différentes souches Faisant, de nos jours, se répartissent entre la région de Lyon et la Bretagne comme à Brest (1741) dans le Finistère, Bécherel (1676) en Ille-et-Vilaine.

GAVEN
L’origine du patronyme pourrait être "gave" gosier, et alors il s’agirait d’un éleveur d’oies. Les porteurs du nom demeuraient dans le Lot, l’Aveyron, la Lozère… En ce siècle, on dénombre à peu près 300 Gaven.

GIORDANO
Variante italienne de Jourdain, nom de personne ou de baptême, plus particulièrement dans le Piémont comme à Vercelli (1664), à Gênes.

HEITZ
Il découle de Heinrich, équivalent allemand de Henri. Il faut chercher en Alsace, Lorraine, Sarre pour trouver des familles Heitz. Aujourd’hui, 4.000 Heitz se situent vers le 1.500e rang.

JAGUENEAU
Nom de famille sans doute dérivé de Jacques. Ce nom n’appartient pas à nos régions mais à la Vendée à Chantenay (1765), la Charente-Maritime : Le Douhet (1630).

JAHIER
Patronyme dérivant d’un terme latin qui fut attribué à un lapidaire, personne qui taille et polit les pierres précieuses. Une lignée Jahier à Mazé (1679) en Maine-et-Loire et c’est tout pour nos régions. En 1925, Pierre Jahier, employé des chemins de fer, demeurait rue de Bazeilles, au Mans. De nos jours, il faut compter un millier de Jahier.

LEQUESNE
Il s’agit du chêne en Normandie, en Picardie. Une lignée Quesne demeurait à Hambers (1704) en Mayenne, une autre, Lequesne, à Auvers-le-Hamon (1700) en Sarthe. Une famille Lequesne vivait au Mans dans le quartier Saint-Pavin-des-Champs dans les années 1950.

MASSICOT
Ce peut-être un dérivé de Thomas. Massicot est un patronyme que l’on rencontre principalement en Bretagne mais aussi dans le Loiret, en Indre-et-Loire. La machine à rogner le papier a été inventée par G. Massicot (1797-1870), aussi ce nom n’a pu être attribué à celui qui s’en servait. Dans le sens de produit, proche d’un oxyde de plomb, ce terme date de quelques années précédant l’an 1500… cela ne semble guère être une origine possible. Un ravaleur du nom de Massicot résidait rue des Angles, à Angers, en 1931. De nos jours, un millier de Massicot apparaissent vers la 7 000e place.

RANGEARD
Ce patronyme vient de l’ancien français "renge" avec le sens de ceinture de guerre, puis courroie, donc attribué à son fabricant. Des lignées Rangeard à Brigné (1639), Cholet (1786), Luigné (1611) dans le Maine-et-Loire. En ce début de siècle, on table sur 300 Rangeard.

RECOTILLON
La cotte, tunique à manches longues, a donné cotillon, mais faut-il y voir un rapport avec Recotillon ? Des Recotillon à La Plaine (1779), Saint-Christophe-du-Bois (1674) en Maine-et-Loire. Curieusement, sur Cholet, au cours de la période 1680-1740, on trouve des Recotillon et des Recoquillon… il est vraisemblable que les prêtres utilisaient indifféremment une graphie ou l’autre, pour les mêmes personnes.

RENOU
Nom de personne d’origine germanique "Raginwald" formé avec "ragin-" conseil et "-waldan" gouverner. Des lignées Renou, Renoult, Renoust, Renoux à Chanzeaux (1690) en Loire-Atlantique, Mareil-sur-Loire (1633), Pontvallain (1713), Tennie (1667), La Fontaine-Saint-Martin (1547) en Sarthe, Angers (1648), Pontigné (1675), Savennières (1665) en Maine-et-Loire. De nos jours, environ 6.000 Renou occupent un rang proche du 850e. Le Maine-et-Loire domine, juste devant la Sarthe.

SORIN
Vient de "sor" la couleur brun-roux. Bien des souches Sorin en Mayenne à Ahuillé et Laval vers 1600, Juvigné (1665), Sainte-Suzanne (1690), en Maine-et-Loire à Combrée (1728), Longeron (1652), Angers (1622), en Sarthe à Sablé (1641), Saint-Maixent (1663), Saint-Calais (1714). Il faut compter aujourd’hui, près de 4 000 Sorin, se classant 1 400e. René Sorin était épicier, rue de la Blanchisserie, au Mans, en 1925. Plusieurs familles Sorin vivaient à Angers, en 1931, celles de l’expert-foncier de la rue Marceau, de l’instituteur de la rue Saint-Laud, du sabotier de la rue Saumuroise… La Loire-Atlantique vient en tête, 2e la Vendée, 3e le Maine-et-Loire, aujourd’hui.

TAQUENET
J’émets l’hypothèse que dans les temps plus ou moins anciens, celui qui notait les actes a entendu Taquenet alors que son interlocuteur lui avait dit Dagnet ou Dagnenet ! Ce dernier patronyme désigne la tige de chanvre roui. Des Daguenet à Bouloire (1655), Melleray (1685) en Sarthe. Taquenet semble être typique de la Manche.

VAUCHER
Nom de personne d’origine germanique "Walhahari" formé avec "walah-" étranger et "-hari" armée. Il semble bien difficile de trouver des Vaucher dans nos régions, aux cours des temps anciens. Des lignées Vaucher en Suisse à Couver (1747), Môtiers (1697), Fleurier (1726).



Edition ... mars 2009

BESSIERE
Endroit planté de bouleaux ou lieu bas, marécageux, couvert de broussailles. Bessière se trouve rarement dans nos régions, hormis à Martigné (1793) en Maine-et-Loire. Par contre l’Aveyron en a regroupé beaucoup. En 1925, Paul Bessières, demeurant quai Ledru-Rollin, au Mans, est inspecteur de l’enregistrement.

BROSSE
Ce peut être l’artisan qui fabrique et vend des brosses, ou encore celui qui demeure près d’un lieu rempli de broussailles (latin "bruscia"). Des familles Brosse à Briosne (1751), Montreuil-le-Henri (1697) dans la Sarthe, Cholet (1755), Angers (1669) en Maine-et-Loire. En 1925, Eugène Brosse tient un bar au 100 avenue Louis-Cordelet, au Mans. 3000 Brosse approximativement aujourd’hui, principalement en Sarthe (1ère) et en Loire-Atlantique (5e).

CHEVÉ
En vieux français, "chevé" signifie fini, terminé, quand il s’agit d’une tâche, ou encore : homme chevelu. Des lignées Chevé à Crosmières (1688), Parcé-sur-Sarthe (1719), Vibraye (1677), Savigné-sous-le Lude (1679) dans la Sarthe, Morannes (1691), Baugé (1686), Cuon (1745) en Maine-et-Loire. Près de 1100 Chevé de nos jours, vers une 7500sup>e place. La Sarthe domine.

CRUCHET
Fabricant, marchand de cruches. Des Cruchet dans les environs de La Chapelle-Huon vers 1630, Lavaré (1729), Saint-Calais (1776), Thorigné-sur-Dué (1790), Saint-Corneille (1735) dans la Sarthe, Le Plessis-Macé (1621), La Meignanne (1605) en Maine-et-Loire. En 1925, une famille de cultivateurs vit à Thorigné-sur-Dué. Un petit millier de Cruchet de nos jours, la Sarthe venant en 2sup>e position.

DELAROCHE
Habitant d’un lieu nommé La Roche ou près d’un rocher remarquable. Des Delaroche à Mansigné (1713), Pontvallain (1653), Requeil (1656), Écommoy (1706) en Sarthe, Angers (1642), La Pouëze vers 1680 en Maine-et-Loire. Le Manceau Georges Delaroche participa 6 fois aux 24 Heures du Mans entre 1924 et 1935 avec des places de 6sup>e en 1932 et 2sup>e en 1934.

GILLET
nom de personne et de baptême qui pourrait découler du latin "eggius" ou dériver de Gilles. Des souches Gillet en Mayenne à Voutré (1672), Daon (1735) et en Sarthe à Moitron (1604), Souligné-sous-Ballon (1778), en Maine-et-Loire à Denée (1620), Longué (1690), Les Ulmes (1602), La Meignanne (1645) sans parler des nombreux Gilet, un peu partout comme à Solesmes (1724). Gillet est répandu avec environ 20.000 porteurs du nom de nos jours, ce qui lui donne une position avoisinant la 160sup>e.

GUITTON
Il provient de "Wido" bois. Des familles Guitton à La Meignanne (1609), Savennières (1637), Étriché (1611), Cheviré (1645) en Maine-et-Loire, Mamers (1670), Montbizot (1757), dans les environs de Ballon vers 1675, Crissé (1716) dans la Sarthe. Mme Berthe Guitton est cartonnière, au Mans, rue de Ballon, Pascal Guitton est laitier, route de Prémartine, en 1925. La Loire-Atlantique vient au premier rang pour ce patronyme en ce XXIe siècle.

LEBOUCHER
Officier de bouche d’une maison noble. Éventuellement, nom de métier concernant celui qui, jadis, vendait de la viande de bouc. Des familles Leboucher à Saffré (1714), Joué-sur-Erdre (1680), Vay (1769) en Loire Atlantique, Lué-en-Baugeois (1609), Sermaise (1647), Allonnes (1654) en Maine-et-Loire, Fresnay-sur-Sarthe (1662), Neuvillalais (1723), Mézières-et-Saint-Chéron (1683) dans la Sarthe. En 1925, Pierre Leboucher dirige l’agence du Crédit Lyonnais, place de la République, au Mans.

ROUAULT
Dérive du patronyme germanique "Hrodwald" ("hrod-" gloire et "-waldan" gouverner). Des Rouault à Sillé-le-Philippe (1720), Saint-Célerin (1738), Roëzé-sur-Sarthe (1681), Bonnétable (1716), Doucelles (1614) dans la Sarthe, Saint-Georges-sur-Loire (1603), Savennières (1615), Épiré (1639) en Maine-et-Loire. En ce XXIsup>e siècle, nous pouvons compter environ 5000 Rouault.



Edition ... février 2009

BROCHARD
"Brochis" en grec qualifiait une cruche, par extension ce nom a désigné le boisselier, le marchand de vin au broc. Des souches Brochard à Parennes (1721), Rouez-en-Champagne (1683), Tennie (1732) dans la Sarthe, Le Longeron (1635), La Renaudière (1696), La Poitevinière (1722) en Maine-et-Loire. En 1931, à Angers, vivaient plusieurs familles Brochard : l’industriel de la rue du Bellay, le bulbiculteur du chemin des Petites Carrières… La Vendée vient en tête aujourd’hui.

CORBIN
Forme du centre du pays qui découle du latin "corbus", le corbeau. Des Corbin à Neuvillalais (1698), écommoy (1652), Pezé-le-Robert (1673), Noyen, (1656), Tuffé (1793) dans la Sarthe, Bourg-l’évêque (1674), Champigné vers 1620 en Maine-et-Loire. Au Mans, en 1925, résidaient Louis Corbin, tapissier, rue des Pommiers, et Raphaël, sculpteur, rue de la Madeleine. Plus de 4000 Corbin, en ce début de siècle, se classant 1300e. La Sarthe vient en 2e position, peu après suivent l’Orne et la Loire-Atlantique.

CORMIER
Cet arbre caractérise une maison ; nom attribué à la personne qui y demeure, ou qui en vient. Des souches Cormier à Saint-Jean-de-la-Motte (1790), Rouillon (1780), Pontvallain (1610), Parigné-l’évêque (1754), Changé (1630), Bouloire (1727) dans la Sarthe, Mazé (1670), Sermaise (1647), Beaufort-la-Vallée (1676) en Maine-et-Loire, Erbray (1691) en Loire-Atlantique, Niafles (1642) en Mayenne. En 1925, Camille Cormier tient une papeterie-librairie, place de la Préfecture au Mans. 6000 Cormier vers le 900e rang. La Sarthe et la Mayenne occupent les 2 meilleures positions.

FOUCAULT
Patronyme d’origine germanique "Folcwald" formé avec "peuple" et "dur, fort". Des lignées Foucault à Sainte-Sabine (1680), Crissé (1671), Neuvillalais (1720) dans la Sarthe, Marans (1672), Les Rosiers (1639), Mazé (1612) en Maine-et-Loire. Une nuée de Foucault au Mans en 1925 dont Amanda, sage-femme, rue Saint-Victeur ; Gustave, charron route de Paris ; Jules, employé d’octroi, rue de la Claie ; la veuve de Léon fabriquait des eaux gazeuses, rue de Belfort… De nos jours, 7000 Foucault pour un place de 650e environ. La Sarthe domine.

GAIGNARD
Vient de gagner, réaliser des profits. Des familles Gaignard à Nantes (1594) en Loire-Atlantique, au Mans vers 1600, Soulitré (1694), Oizé (1703), Pezé-le-Robert (1672), Crissé (1680), Mansigné (1669) dans la Sarthe, Villevêque (1632), Angers (1673), Daumeray (1659) en Maine-et-Loire. Un employé d’octroi, demeurant rue du Cornet à Angers, en 1931, se nommait Gaignard. Aujourd’hui, Le Maine-et-Loire vient en tête, 2e la Sarthe.

LALOUE
Dans le Maine c’était l’autre nom de l’alouette. Des lignées Laloue à Domfront-en-Champagne (1680), Pirmil vers 1700, Teloché (1670), Tennie (1707), Conlie (1732) dans la Sarthe, Noëllet (1697) en Maine-et-Loire. André Laloue tenait un café, place Saint-Jean, au Mans, en 1925. Aux environs de 450 Laloue de nos jours ; la Sarthe se place en 2e position.

LEPROUST
Forme de prévôt, juge royal placé au plus bas degré de l’échelle judiciaire, à moins qu’il ne désignât celui qui voulait faire l’important en adoptant des dires ou des gestes d’un de ces personnages. Ou encore : homme sensé, courageux. Des souches Leproust à Saint-Pavace (1630), Surfonds (1676), Nuillé-le-Jalais (1673), Requeil (1620) dans la Sarthe, Andard (1682), Mazé (1647), Le Plessis-Grammoire (1710) en Maine-et-Loire. En 1925, Fulgence Leproust est relieur, rue Porte-Sainte-Anne, au Mans.

NAIL
Patronyme dérivant du germanique "nahilo", suffisant. Nail possède le sens de Noël en gaélique. Des lignées Nail à Mayenne (1759) dans la Mayenne, Arquenay (1691), Volnay (1761), Assé-le-Riboul (1622), Savigné-l’évêque (1634) dans la Sarthe, Combrée (1726), Durtal (1745), Tiercé (1699) en Maine-et-Loire. 900 Nail aujourd’hui. La Sarthe arrive en premier, la Mayenne se tient dans le peloton de tête.

PLANCHAIS
Vraisemblablement en rapport avec des planches. Ce peut être des planches installées sur un cours d’eau, permettant de le traverser ou alors celui qui fabrique des planches. Des familles Planchais à Heloup (1757) dans l’Orne, Saint-Léonard-des-Bois (1767), Moulins-le-Carbonnel (1656) dans la Sarthe. Près de 1000 Planchais en ce siècle pour une place voisine de la 8400e.




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